Parler d’omerta est un oxymore
Omerta…chut!
C’était trop facile.
Tout le monde le savait.
Toutes les personnes autour de la table pendant la réunion.
Toutes les personnes qui travaillaient pour ces personnes.
Toutes les personnes qui connaissaient les personnes autour de la table.
Toutes les personnes qui avaient des liens avec les personnes qui connaissaient toutes les personnes autour de la table.
Bref… tout le monde le savait.
Et tout le monde savait que tout le monde savait.
Pourquoi tout ce monde refusait-il simplement de reconnaître le problème ?
On parle souvent de l’éléphant dans la salle. L’éléphant que tout le monde sent, touche, entend, mais que personne ne voit en entier. L’éléphant est trop gros pour en percevoir l’énormité.
Mais on le sent… il pue.
Il nous touche en se déplaçant, sa peau rugueuse et sale nous irrite
Il nous empêche de bouger librement puisqu’il prend toute la place physiquement et mentalement
Il sclérose tout ce qui l’entoure.
Cet éléphant s’appelle Omerta, la loi du silence.
Oser en parler est source de crainte et d’appréhension. Et si l’éléphant se faisait appeler par son nom? Entendra-t-il ? Comment réagira-t-il ?
Et si… et si rien n’arrivait?
Avec la loi du silence viennent l’inertie du vide social et l’absence d’air qui nous oppresse. Et on sait bien que le son ne voyage pas dans le vide. Parler de l’éléphant signifie l’isolation et la stigmatisation.
Tout le monde le sait.
Personne ne parle.
Tout le monde feint l’ignorance.
et lorsqu’une brèche apparaît dans le mur du silence, on assure la ségrégation de contrevenant, qui devient alors un paria.
On tente par tous les moyens de revenir à la normale.
À l’anormal!
Et un jour, l’abcès crève. La paralysie cesse et la crise émerge.
“Ah oui, je le savais, mais j’attendais le bon moment”
“Oh, je n’avais pas imaginé tout ça! Si j’avais su, j’aurais parlé…”
Bin oui, bin oui…
Certains sont plus sibyllins et avouent à demi-mot ne pas avoir compris.
Peu admettent simplement avoir eu peur des conséquences.
Edmund Burke le disait ainsi :
“La seule chose nécessaire au triomphe du mal est que les hommes de bien ne fassent rien.”
“Mal” est peut-être un peu fort …”evil” en anglais, on pourrait remplacer par corruption, malversation, mauvaises valeurs, objectifs douteux, intentions malsaines, abus de pouvoir… On pourrait aussi remplacer “hommes “ par “personnes”.
L’humain a survécu en socialisant et en évitant les dangers. Nu et sans grand talent naturel (odorat limité, trop lent, pas de griffes ou de longues dents acérées, etc.), l’humain a dû se servir de sa seule distinction, son cerveau, pour développer des stratégies de survie. Jusqu’à tout récemment, l’humain a survécu dans des conditions difficiles. Seuls quelques individus ont vécu dans l’abondance ou la surabondance.
Les autres acceptent leur sort.
En rechignant discrètement entre eux, mais jamais devant leur supérieur (hiérarchique, aristocratique, académique ou économique). Oh non! L’éléphant pourrait les écraser.
Mais l’éléphant est gros et lent. Et ils ont une vue plutôt mauvaise. Et, bien que le mythe de leur murophobie ait été démenti, les petites perturbations visuelles les rendent nerveux. Bien que l’éléphant soit assez puissant pour écraser la petite souris qui tournoie autour de lui, sa mauvaise vision l’empêche de réagir assez rapidement et… bref, ça le stresse! Confortable grâce à son imposante présence, les mouvements rapides et imprévisibles autour de lui ne cadrent plus dans sa réalité.
Cessons les métaphores zoologiques.
Vous l’aurez deviné, perspicaces lecteurs et lectrices, j’ai une idée en tête !
J’ai déjà écrit sur le fait que je suis, et ai toujours été, une cheville carrée tentant d’entrer dans un trou rond. Je comprends depuis très longtemps que forcer cette cheville carrée dans une cavité sans angle pourra causer des dégâts. Ce que j’ignore encore cependant est la raison pour laquelle il n’y a que des trous ronds ! Nos organisations sont passées maîtres de créer des structures et des processus qui reproduisent à la perfection les performances du passé. Mais ce qui était adéquat à l’époque ne l’est peut-être plus maintenant.
Seth Godin mentionne la conception des lavabos à deux robinets qu’on voit encore à l’occasion dans certaines habitations et vieux hôtels. La qualité de l’eau chaude était initialement dangereuse et un mélange avec l’eau froide risquait de vous tuer. Donc, deux robinets. Mais cela est chose du passé depuis que la qualité de l’eau chaude a augmenté. La conception originale n’est plus adéquate et rend l’utilisation du robinet peu pratique.
Nos organisations ont fonctionné pendant des siècles basées sur une hiérarchie et une aristocratie. Le pouvoir à ceux qui en savent plus, à ceux qui sont les experts et qui devraient mieux nous diriger. Et pendant des millénaires avant cet ordre sociétal, les rois, empereurs et monarques dirigeant simplement par leur lien sanguin avec le dirigeant qui les avait précédés.
L’avènement de la démocratie a, pendant un temps, permis une meilleure répartition des pouvoirs.
Pendant un temps.
Un court laps de temps.
Le soudoiement, les détournements (subtils ou non), les magouilles, le lobbying (légal ou non) ont tôt fait de corrompre nos politiciens à divers niveaux et ont entaché la confiance du peuple envers les institutions.
J’ai récemment dû intervenir dans une assemblée pour poser des questions et, finalement, tenter de remettre les pendules à l’heure. En d’autres mots, de pointer l’éléphant dans la pièce.
Certains ont arrêté de respirer.
D’autres ont changé de position pour mieux m’entendre… et contourner l’éléphant qui obstruait leur champ de vision.
Certains ont feint la surdité.
Très peu ont acquiescé ou supporté ce que je disais tout haut alors que la plupart le pensaient tout bas.
« Le bruit du silence qui se brise est toujours assourdissant. » Yuurz Troolie
Mais voilà. Le chat est sorti du sac et ne veut pas y revenir.
La question est la suivante : combien de personnes verront le chat et se poseront des questions sur sa provenance?
L’autre question : la domination de l’éléphant vous empêchera-t-elle d’apprécier la présence du chat?
Donnée démographique :
Il existe 450 00 éléphants dans le monde et la plupart des populations sont en voie d’extinction.
Il y a aussi environ 1 000 000 000 chats qui se portent bien.
Parler d’omerta est un oxymore que j’apprécie.
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